Qui sont les auteurs du livre Dieu, la science et les preuves ?

Une remarque importante sur le titre

Cet article aborde une question cruciale : qui sont les personnes derrière le livre Dieu, la science et les preuves ? Avant d’entrer dans les détails, je souhaite souligner une remarque importante — qui peut sembler mineure pour certains, notamment parmi les musulmans, mais qui est en réalité assez significative à mon avis.

La plupart des traductions arabes du titre français du livre le rendent par « Allah, la science et les preuves ». Cela pose problème. Le terme « Dieu » en français — ou « God » en anglais et en néerlandais — ne se réfère pas spécifiquement à l’Allah islamique. En arabe, Allah est un nom propre unique à la théologie islamique, formé par la fusion de al- (le) et Ilah (dieu). Ce n’est pas simplement un terme général pour une divinité.

De plus, traduire « preuves » par « démonstrations » plutôt que par « éléments de preuve » est trompeur. « Démonstrations » implique une certitude mathématique, tandis que « éléments de preuve » sont ouverts à l’interprétation et au débat. La traduction précise du titre devrait donc être « Dieu, la science et les preuves ». En vérité, les auteurs du livre ne parlent pas d’un créateur général, mais du Dieu judéo-chrétien — plus précisément, du Père de Jésus tel que compris dans la théologie chrétienne.


L’importance de connaître les auteurs

Avant de s’engager dans la lecture d’un livre, les lecteurs devraient enquêter sur qui l’a écrit, dans quelles conditions il a été publié et pourquoi. Cela aide à comprendre à la fois l’état d’esprit de l’auteur et le véritable objectif du livre. J’ai précédemment décrit ce que j’appelle le « triangle sacré » dans le contexte du gnosticisme : idée + argent + influence médiatique. Cette combinaison peut transformer une idée triviale en une idée majeure si elle est bien commercialisée.

La célébrité n’est pas synonyme de vérité. Beaucoup de gens supposent que tout ce qui est populaire doit être correct. Mais souvent, c’est le contraire. L’ascension soudaine de certaines personnes ou publications est rarement organique — et ce livre en est un exemple parfait.


Première figure : Olivier Bonnassies

Né en 1966, Bonnassies affirme avoir été autrefois agnostique ou irréligieux avant de vivre un éveil spirituel qui l’a conduit au christianisme. Il a étudié les sciences appliquées et les sciences politiques, puis s’est orienté vers la théologie, obtenant un diplôme d’un institut catholique à Paris en 1994. Depuis lors, sa vie est dédiée au travail religieux, se concentrant spécifiquement sur Jésus et la Vierge Marie.

Il a fondé l’association Marie de Nazareth, basée à Nazareth, en Israël. Le groupe envoie quotidiennement des messages spirituels intitulés « Une Minute avec Marie ». En 2013, il a lancé la plateforme médiatique chrétienne mondiale Aleteia, disponible en plusieurs langues. Il est également actif sur YouTube depuis plus de 20 ans, produisant principalement du contenu missionnaire chrétien.


Deuxième figure : Michel-Yves Bolloré

Né en 1945, Bolloré est un catholique dévot et membre d’une puissante famille industrielle. Après que des problèmes financiers ont conduit à la vente de l’entreprise de son père, Michel-Yves et son frère Vincent l’ont rachetée à un prix symbolique. Il l’a dirigée de 1981 à 1990, construisant finalement son propre empire économique.

En 1990, il a fondé une grande entreprise nommée Essor. Il a fait la une des journaux avec une affaire controversée en 2003 lorsqu’il a acheté une usine de pièces nucléaires pour un prix très bas et l’a vendue trois ans plus tard pour 170 millions d’euros. Bolloré est l’un des hommes les plus riches de France et possède de nombreuses écoles et entreprises à travers l’Europe. Il n’est pas seulement riche — il est influent, puissant et profondément religieux.


Troisième figure : Vincent Bolloré

Bien qu’il ne soit pas officiellement lié au livre, Vincent — le frère de Michel-Yves — mérite d’être mentionné. Magnat des médias milliardaire, il a précédemment dirigé Canal+ et figure parmi les 15 personnes les plus riches de France. Comme son frère, il est un catholique dévot.

Même sans preuve concrète de son implication dans la promotion du livre, il est logique de supposer qu’il a soutenu les efforts de son frère — surtout compte tenu de sa vaste portée médiatique.


Comment se sont-ils rencontrés ?

Dans une interview sur YouTube, Olivier raconte comment ils se sont rencontrés. Il donnait une présentation à Paris sur la Vierge Marie et a invité des personnes fortunées à soutenir son projet à Nazareth. Michel-Yves a assisté à l’événement, a loué la présentation et a promis de faire don du produit de la vente d’une grande entreprise qu’il était sur le point de vendre — ce qu’il a fait.

Trois ans plus tard, il a vendu l’entreprise pour 170 millions d’euros et a rédigé un chèque substantiel pour soutenir le projet d’Olivier. Leur partenariat s’est développé, menant au lancement d’Aleteia, que Michel-Yves a financé.

En 2013, Olivier a publié une vidéo visant à « prouver scientifiquement l’existence de Dieu », après qu’un enseignant ait remis en question les croyances de son fils. Le fils a encouragé l’enseignant à parler à son père. Olivier a réalisé la vidéo pour cet enseignant, et lorsque Michel-Yves l’a vue, il a été impressionné. Ils se sont rencontrés à nouveau et ont décidé de créer quelque chose de plus grand : le livre Dieu, la science et les preuves.


Le véritable motif : évangélisation et gain commercial

Le livre n’est pas une enquête scientifique neutre ; c’est un projet missionnaire déguisé en science. Financé par un milliardaire dévot et écrit par un missionnaire chrétien chevronné, il a été commercialisé pour donner l’illusion d’objectivité.

Il est devenu un succès du jour au lendemain — non pas parce qu’il contenait une science révolutionnaire — mais parce qu’il a été conçu et promu en utilisant le triangle sacré : idée, richesse et médias. Le but ? Promouvoir le christianisme sous couvert de discours scientifique, et éventuellement récolter des récompenses commerciales.


Réflexions finales

La popularité du livre ne rend pas ses affirmations vraies. Il ne confirme pas le christianisme, ni ne prouve l’existence de Dieu. Ce qu’il prouve, c’est comment des réseaux de marketing et de mission bien organisés peuvent fabriquer une légitimité intellectuelle. Malheureusement, de nombreuses personnes — en particulier dans notre région — ont été trompées en croyant que le livre est scientifique et impartial, alors qu’en réalité, il ne l’est pas.

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